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Guerriers spirituels

Chaque pensée, chaque mot, chaque émotion émet une vibration, qui crée un impact sur soi et sur le monde, négative ou positive selon leur nature.

Il est donc de notre responsabilité de veiller à la nature de nos pensées, paroles et émotions.

La pratique du yoga, lorsqu’elle est régulière, nous entraîne à développer notre conscience dans la vie de tous les jours : si une pensée négative traverse notre esprit, il s’agit d’en prendre conscience, de prendre du recul par rapport à elle, la laisser aller et la remplacer par une compère positive.

Tu es en colère? Prends-en conscience puis laisse cette colère partir et remplace-la immédiatement par de la gratitude : la gratitude d’avoir pu la dépasser, la transformer et d’avoir pu ainsi évoluer sur ton chemin en quête du bonheur véritable.

C’est tout le travail du guerrier spirituel : travailler avec ardeur sur soi pour offrir, à soi-même et au monde, ce qu’on a de meilleur; travailler ses orages, ses colères, sa météo émotionnelle interne. Le bonheur stable, le vivre mieux, n’est-ce pas ce que tout un chacun recherche, n’est-ce pas la quête de toute une vie ?

 

Mais oui, cette démarche nécessite une discipline (ouuuuuuh le vilain mot !) et donc une régularité, c’est pourquoi le terme « guerrier » est ici approprié. Le guerrier est celui qui s’impose une discipline pour maîtriser un art ; le guerrier spirituel combat jour et nuit son ego, son mental, toutes ces voix qui fusent dans sa tête et créent de la confusion, pour ancrer un bonheur stable dans sa vie.

Peut-être avez-vous déjà entendu parler des Maasaï, ce peuple premier aujourd’hui installé au Kenya et en Tanzanie.

J’ai découvert leur existence et leur spiritualité grâce au merveilleux livre de Frederika Van Ingen, Sagesses d’ailleurs pour mieux vivre aujourd’hui, qui leur consacre un chapitre en interviewant Xavier Péron, ce français dont la tâche est de transmettre leur spiritualité en Occident et de nous alarmer sur leur situation précaire, due, entre autre, au dérèglement climatique et à la menace d’une campagne d'expropriation de leurs terres. Les Maasaï honorent chaque épreuve, chaque obstacle, chaque coup dur comme une bénédiction, une épreuve placée sur leur chemin pour les élever vers de jours meilleurs, vers un Soi meilleur. Ils conçoivent la difficulté comme une étape d’élévation spirituelle. C’est pourquoi ils ne baissent jamais les bras, ne se plaignent jamais et ne se laissent pas dominer par la colère ou le désespoir.

Ainsi les MaasaÏ incarnent l’image juste que je me fais d’un guerrier spirituel.

 

Après ma lecture de Sagesses d’ailleurs…, j’ai contacté Xavier Péron (dont je vous recommande vivement le dernier ouvrage: Tu ne peux pas presser la Déesse en lui donnant un coup de coude!) pour en savoir plus sur la spiritualité maasaï et il est évident pour moi aujourd’hui que leur spiritualité et la philosophie du yoga ont beaucoup en commun, notamment le principe d’ahimsa (le premier yama - règles de vie en société -, de l’Ashtanga Yoga de Patanjali), principe yogique de la non-violence.

Crédit photo: Alexandra Dugast

Ahimsa, la non-violence est pour moi l’une des premières lois du guerrier spirituel. Ce concept s’applique à plusieurs dimensions : la non-violence dans nos pensées, nos paroles et nos actions, envers soi-même, envers les autres et envers le monde. 

Dans la tradition yogique, le végétarianisme ou le véganisme par exemple, découlent de ce même principe (ne pas heurter la vie animale pour se nourrir).

Pour moi, il concerne aussi notre façon de traiter notre environnement, à travers l’application de la non-violence dans nos actions : consommer inconsciemment des produits néfastes pour son corps ou pour la planète manifeste une grande violence. Vivre dans l’irrespect de la Nature, de notre Terre Mère, nous rend acteurs et actrices de notre propre mal-être, de notre propre destruction. Sans cette Terre, la vie humaine n’aurait pas vue le jour. La naissance d’un enfant bénéficie de la même énergie qui permet à un arbre de pousser : le prana, l’énergie vitale. Le prana est ce qui permet à la Terre, à toute chose, de fonctionner : c’est le principe de toute vie.

 

Nous sommes donc enfants de la Terre, nous subsistons à nos besoins grâce aux autres fruits de sa création et à notre mort, notre corps lui revient.

Une autre façon, chère à mon coeur, de pratiquer ahimsa, est la bienveillance.

Bienveillance envers soi-même, bienveillance envers les autres, bienveillance envers ce monde qui nous accueille. Facile à dire, mais pas toujours facile à appliquer, hein ?

 

Il m’en a fallu, du temps, avant de me traiter avec bienveillance, lorsque j’étais submergée par des émotions déstabilisantes : ne pas s’en vouloir, ne pas culpabiliser, accepter, se rappeler que tout ça fait partie du chemin. Oui, je crois que nous sommes éduqué-e-s à culpabiliser, à s’en vouloir lorsqu’on n’est pas au top de sa forme. Mais pourquoi gâcher tant d’énergie à nourrir un potentiel mal-être ? Dit comme ça, ça parait en effet absurde mais dans l’instant présent, que se passe-t-il réellement ? Pouvons-nous apporter plus de conscience dans nos mécanismes de réaction ? Oui, nous le pouvons, en commençant par méditer sur ce principe, ahimsa.

Ahimsa est donc la clef d’une vie harmonieuse sur Terre, la clef de notre acheminement vers le Bonheur, à tous points de vue.  Mais cela nécessite un travail, un engagement personnel. 

Tout peut commencer par un simple sourire.

 

Ainsi, la prochaine fois que vous pratiquerez des postures de guerrier dans vos cours de yoga ou chez vous, relâchez la mâchoire et les sourcils, laissez un sourire se dessiner et méditez sur ahimsa et sur ce qu’est un guerrier spirituel pour vous. Car, dans ces fortes postures, vous défendez avec bienveillance votre rôle de guerrier spirituel dans cette vie, pour vous-même et pour le monde.

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Commentaires: 2
  • #1

    Claude B (lundi, 15 octobre 2018 16:14)

    Bien beau Lea !
    Merci pour ce rappel .
    Ce jour est pour moi un jour de colère suite à une accumulation de tracas ( pas graves franchement mais agaçants et cumulés).... ton texte tombe à point nommé !

  • #2

    Marie Noëlle (samedi, 20 octobre 2018 20:14)

    Belles paroles, belles leçons, Belles réflexions....A chacun de tes textes je ne peux que t'écouter et me remettre en question..j'ai du chemin à faire..et tes messages sont les bâtons qui m'aident à avancer.merci Léa