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Vivre l'instant présent, le bilan de mes vacances à la mer

 

 

 

 

              Pendant ces vacances d’hiver, je suis partie une semaine à la mer, dans un pays que j’aime tant, la Bretagne. Je suis partie seule, pour une retraite personnelle, pour faire le point, pour me centrer, pour travailler - travailler à mes projets mais, avant tout, travailler sur moi.

Là-bas, en dehors de mes sessions de travail, mon unique objectif était d’être là et de vivre l’instant présent.

 

 

 

 

 

        J’ai réalisé pendant ce séjour que vivre l’instant présent est d’abord une activité exigente: c’est à force d’efforts et de travail qu’on parvient à cet état; et, une fois « qu’on y est », il faut maintenir le cap. Ne pas se laisser distraire. 

Il se trouve que notre mental n’aime pas trop cette histoire de « vivre l’instant présent », évidemment! Sinon ce serait trop facile… Parce qu’alors il se sent moins intéressant, moins attractif. Notre mental est comme une personne qui a besoin d’attention: il va tout faire pour nous détourner de notre activité de manière à ce qu’on s’occupe de lui. Et il regorge d’imagination: il cherche à nous inquièter avec les tâches à accomplir (les courses, le boulot, les enfants, le loyer, etc.) ou à raviver nos blessures. Pour lui, le présent est dangereux, le stress du futur ou les émotions du passé sont bien plus passionnants.

Ainsi, pour rester dans l’instant présent ou y parvenir, il faut s’entraîner à repousser les assauts de notre mental.

 

 

 

Vivre l’instant présent peut-être au départ déstabilisant. Eh oui, car vivre l’instant présent signifie vivre avec soi-même: s’accepter, s’accompagner, se découvrir, s’affronter. Il n’est plus possible de se fuir. Il arrive donc au début de traverser des moments d’inconfort. 

Le premier jour de mes vacances, je me sentais déprimée. Je ne voulais pas m’affronter. Je sentais un certain vertige à faire un pas vers moi: j’avais peur du vide! Comme notre vision du « plein », du « vivant » s’incarne généralement dans une dimension matérielle concrète, tangible, nous pouvons avoir tendance à penser que face à nous-mêmes, ce n’est rien d’autre que du vide.

Seulement, ce sentiment de vertige, cette peur du vide, c’est déjà de l’anticipation (encore une trouvaille de notre mental!), c’est une inquiétude de ce qui pourrait se passer. Alors, pour déconstruire cette anticipation, il faut revenir à l’instant présent.

 

 

 

Mais, comment on revient à l’instant présent? 

Comment repousser les assauts de notre mental?

En fait, le question à se poser c’est:  que se passe-t-il dans l’instant présent? 

Eh bien, un MILLIARD de choses! 

Dans l’instant présent, déjà, je respire. Ma simple respiration entraîne un tas d’action: des mouvements et de la chaleur dans mon corps, la mécanique de mes organes, la circulation de mon sang, etc. 

Et que suis-je en train de faire dans cet instant présent? 

Dans le cadre d’une balade, il y a toute la chorégraphie de notre marche sur laquelle se concentrer (les mouvements de mon corps, la sensation du sol sous mes chaussures, le bruit et le rythme de ma marche, les sons de l’environnement), dans un trajet de métro, je peux observer mon corps dans l’espace, observer ce qui m’entoure. L’instant présent aiguise notre conscience.

Il nous invite à nous explorer, à explorer notre corps, notre coeur, nos sensations, et, de fil en aiguille, à explore notre Etre. 

 

        Toutes ces choses que nous découvrons, explorons à l’intérieur de nous entraînent petit à petit à une plus grande découverte, une plus grande expérience: notre plénitude. La plénitude de l’être. 

A partir de là, on comprend que oui, en effet, tout est déjà en nous. Finalement, tout ce dont nous avons besoin est « à portée de mains », à portée de conscience, à portée de nous.

Dès lors, nous portons un nouveau regard sur nous-mêmes et, par conséquent, un nouveau regard sur le monde. Nous comprenons que l’insignifiance et la banalité n’existent pas, elles n’étaient que produits de notre vision antérieure du monde, celle que notre mental nous imposait. 

 

Dans l’instant présent, tout n’est qu’émerveillement, car nous prenons conscience de ce qui nous agit et de ce qui nous entoure et la vie devient poésie:

 

« Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

 

Luxe, calme et volupté »*

 

 

 

* L'invitation au voyage, Baudelaire

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