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Le don de soi

Lorsque j’ai commencé à enseigner le yoga, j’ai d’abord donné des cours particuliers ou en petits groupes à domicile, dans un cadre confiant. Et oui, je suis de nature introvertie et timide, et être le centre de l’attention, ce n’est pas ma tasse de thé. Pourtant, enseigner le yoga, c’est clairement « mon truc ».

Lorsque j’ai commencé à enseigner des cours collectifs en studio, face à des têtes que je ne connaissais pas, ça n’a pas été tout de suite évident. 

J’entrais dans un nouveau processus, je devais m’adapter et je me suis mise à stresser. 

Evidemment, je n’étais pas satisfaite de moi, je n’étais pas contente, et, de fil en aiguilles, le doute s’emparait de moi. Je doutais. Enormément. Jusqu’à me sentir vraiment inconfortable dans ma posture d’enseignante.

Je me suis alarmée.

Je me suis posée. 

J’ai pris du recul. 

Je me suis demandée ce qui n’allait pas, d’où provenaient ces nouvelles sensations et ce que pouvaient bien cacher ces émotions.

 

J’ai alors compris la source de mon problème: je cherchais à plaire aux élèves, je voulais qu’ils soient contents de mon cours et, par conséquent, je me jugeais, je n’étais évidemment jamais assez contente. Je ne me reconnaissais pas et je ne me sentais plus à ma place: en cherchant à plaire, je n’étais plus à mon écoute, je n’étais plus centrée. Je faisais quelque chose qui ne me ressemblait pas, je n’offrais pas aux élèves un cours qui venait de mon coeur, de mes tripes. C’était quelque chose d’extérieur à moi, pas trop mauvais, mais pas authentique.

 

 

J’ai donc compris que la qualité d’un cours résidait - entre autres - dans l’investissement personnel de son professeur. 

Lorsque je suis élève, lorsque je vais prendre un cours, si l’on m’enseigne sans âme, il me manque quelque chose, il me manque une touche personnelle, il me manque l’univers, le regard sur le monde du professeur et sa façon d’aborder cette discipline. J’aime les profs qui se donnent.

 

Dans mes cours, j’invite les élèves à pratiquer en bienveillance envers eux-mêmes, sans se juger. Alors il va de soi que, lorsque j’enseigne, je dois enseigner en bienveillance envers moi-même et ne pas me juger. Cela va de soi… mais avec une touche de fatigue, ce n’est plus si évident. 

Il est donc devenu primordial pour moi, avant de donner cours, de me centrer, de poser les fondations, de respirer en plein conscience pour enseigner en pleine conscience: ainsi, ce n’est pas mon mental qui enseigne, mais bien mon coeur connecté à mon corps et à mon esprit.

 

Cette expérience et ce recul m’ont fait grandir, en tant que personne et tant qu’enseignante. Depuis, j’ai compris que ce n’était pas la peine de douter de soi. Ce qui compte réellement, c’est donner le meilleur de soi

Oui, enseigner c’est donner de soi, c’est se donner en bienveillance envers soi-même et envers les autres.

 

Après, les élèves font leur tri, ils aiment ou ils n’aiment pas, peu importe, car notre enseignement ne plaira pas toujours à tout le monde mais il y aura toujours des élèves prêts à nous suivre.

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Commentaires: 1
  • #1

    Maika (dimanche, 25 février 2018 09:24)

    Bravo ma belle !�